Suisse – réveille-toi!

Michael Graetzel, professeur au laboratoire de la photonique et des interfaces de l’EPFL et inventeur d’une nouvelle cellule solaire portant son nom a enfin été honoré à sa juste valeur pour les perspectives d’avenir de notre pays. Le 21 novembre 2009, la ministre de l’économie suisse, Doris Leuthard, lui a remis le Prix Balzan à hauteur d’un million de Francs suisses. Cette distinction est certes moins connue et moins prestigieuse que le Prix Nobel. Or, depuis 1956 elle a toute sa valeur et est bien appréciée dans le monde scientifique.

Au départ, l’invention a été négligée. Depuis quelques années, la cellule Graetzel éveille l’intérêt des industriels et intégrateurs, notamment en raison de son incorporation facile dans les éléments de construction immobilière et les matériaux de base peu onéreux.

En ce moment, la production à grande échelle commence. Des groupes industriels au Japon, en Corée du Sud et probablement en Chine et au Taiwan ont saisi l’enjeu. La start-up à Aubonne, Solaronix, est pour l’instant le seul fabricant en Suisse. Elle démontre par l’exemple que même la production complexe et onéreuse est prometteuse et rentable en Suisse malgré les salaires et coûts élevés. Son site ne cache pas la fierté d’enrichir le tissu industriel national.

Les tentatives de faire bénéficier le monde et l’industrie suisse de cette invention sont vieilles. Au début des années 90, des contacts avec ABB et Sandoz devenue Clariant, n’aboutissent nulle part. Il est de même avec des échanges avec des entrprises Allemandes. La Confédération, quant à elle, ne lance aucune mesure d’incitation voire d’encadrement.

Une fois de plus, un chercheur et son institut sont à l’avant-garde du progrès. Les décideurs, quant à eux, s’avèrent incapables d’exploiter la chance unique que cela leur offre.

En effet, les exemples de chances gâchées pour l’industrie suisse sont nombreux. Les montres digitales, les cassettes vidéo, le jet d’affaires… et bien d’autres industrialisés ailleurs l’illustrent.

Peut-être la crise actuelle incitera d’autres start-up à se joindre à Solaronix et à l’EPFL. Quel meilleur programme conjoncturel que de donner un coup de pouce politique aux industries susceptibles de transformer le monde? Des innovateurs comme Michael Graetzel ou Andreas et Tobias Meyer, les fondateurs de Solaronix, ne sont-ils pas les meilleurs travailleurs sociaux susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives?

Or, les programmes volontaristes de la Confédération et même des Cantons de l’Arc Lémanique, cette Silicon Valley européenne potentielle, se font attendre. Suisse – réveille-toi!

Daniel Stanislaus Martel

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